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Du 28 mai au 26 juillet 2003, du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.
Vernissage le mardi 27 mai, de 18h à 21h, en présence du photographe.
Alain Fleischer
Light night, 1968-2003

Avec le recul, et songeant à ce qu’est ma relation aux images “modernes” (de la photographie, du cinéma, de la vidéo), j’ai le sentiment de les traverser autant qu’elles me transportent : descente au fond des images, de couche en couche, et projection par les images, vers le monde qu’elles éclairent. De ces images, m’a toujours intéressé, non leur reproductibilité qui n’affecte en rien pour moi le caractère unique de chaque oeuvre créée, mais leur projectabilité : des images qui, contrairement à celles du dessin ou de la peinture, toujours collées au papier ou à la toile, peuvent, à partir de leur support, être emportées par la lumière pour apparaître au loin, rendues visible par toute surface formant écran, que simultanément elles éclairent. Court-circuit du réel et de sa représentation, des surfaces visibles et de leurs images.

La rétrospective que m’avait consacré en 1995, le Centre national de la photographie était intitulée, déjà, La nuit lumière. Le passage à un titre équivalent en anglais pour l’exposition à la Galerie le Réverbère n’est pas une coquetterie pour céder à la mode des titres qui font des clins d’oeil au marché international... En dehors de ses qualités prosodiques, cette formule en anglais permet un jeu de mots significatif : light signifie aussi bien “lumière” que “léger”. La nuit lumière devient aussi une nuit légère... En fait, c’est l’exposition elle-même qui s’est allégée, et qui a changé d’équilibre, renonçant à certaines séries et incorporant des oeuvres récentes, voire inédites. Au titre de la nuit, de la lumière et de la légèreté, on trouvera à nouveau des recherches sur l’immatérialité des images, sur les anamorphoses du temps que propose la photographie, sur les ombres de fantômes familiers qu’elle dégage de l’informe, sur cette part de nuit que la photographie préserve en plein soleil comme sur cette lumière venue d’ailleurs qu’elle fait apparaître dans la nuit.

Alain Fleischer, avril 2003.